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Qui écouter pour savoir ce qu’il n’est pas bon de faire?

Alain.A 30.01.2016 Thème : Éthique: choix, responsabilité, liberté et morale Bookmark and Share
Réponse de : Matthias WirzMatthias Wirz
Je le reconnais d’emblée : je n’ai pas suivi le culte radiodiffusé qui vous a inspiré cette question. Mais pour tenter de vous répondre je voudrais me référer à deux affirmations de la Première lettre aux Corinthiens.
Paul écrit : « “Tout m’est permis”, mais tout ne convient pas. “Tout m’est permis”, mais moi je ne me laisserai asservir par rien » (1Co 6,12).
Il énonce en premier lieu un principe général : « Tout m’est permis. » Mais aussitôt il le recadre : à la liberté générale, il oppose ce qui « convient » et ce qui « n’asservit pas ». Comme vous l’indiquez vous-même, ce sera avant tout ma conscience chrétienne à m’indiquer les critères et les limites de ce qu’il est bon ou non de faire (« moi je ne me laisserai asservir par rien »). Car chacun est appelé à glorifier Dieu par son propre corps (voir 1Co 6,20).
Cela dit, il peut y avoir litige. Car l’issue, dans de tels débats, ne concerne pas nécessairement ma seule personne. Dans ce cas, l’apôtre trouve avant tout inadmissible de s’en remettre au jugement de ceux « du dehors ». C’est à l’interne de la communauté chrétienne que l’arbitrage doit se faire (voir 1Co 6,4-5). Ou, meilleure solution encore selon lui, en cas de différend, il s’agit d’accepter de subir l’injustice plutôt que la commettre (voir 1Co 6,7).
A nous donc de choisir ce qu’il « convient » de faire, et ce qui est à éviter car cela nous « asservirait » ; en cas de doute ou de controverse, le mieux est de chercher un avis au sein de la communauté ou alors d’accepter d’endurer l’injustice plutôt que de la perpétrer.
Quelques chapitres plus loin, dans la même lettre, Paul reprend : « “Tout est permis”, mais tout ne convient pas. “Tout est permis”, mais tout n’édifie pas » (1Co 10,23).
Le droit et la liberté du croyant ont une fois encore un rôle essentiel à jouer (voir 1Co 10,29) ; mais cela doit se passer sous le contrôle de l’édification, c’est-à-dire à la condition expresse que l’on tienne compte d’autrui et de sa sensibilité. Pourquoi choquer l’autre, au lieu de construire la communion (voir 1Co 10,32) ?
Les autres peuvent alors constituer une limite à mon agir, parce qu’ensemble nous façonnons le corps de la communauté, dont chacun n’est qu’un membre. Il s’agit, ensemble, de « chercher l’avantage du plus grand nombre, afin que tous soient sauvés » (voir 1Co 10,33).


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