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Comment expliquer l'existence de Dieu ?

Buch 25.01.2013 Thème : Foi: que croire et comment ? Bookmark and Share
Réponse de : Roland BenzRoland Benz

Votre question témoigne d’un désir d’être assurés de l’existence de Dieu sur la base d’un savoir et même de preuves. Désir bien légitime ! Toutefois, il s’agit de s’interroger sur une telle attente. Car Dieu devrait-il se prouver à nous ? Se soumettre à nos critères de preuves ? Et quelles preuves devrait-il nous donner ? Des événements extraordinaires qui nous épatent ? Nous serions alors obligés de l’admettre. Et puis, ce serait jamais satisfaisant. On aurait un dieu à notre mesure.

Dans l’histoire, les dieux à la mesure de l’homme n’ont pas manqué, mais, en général, ils ont été des dieux oppresseurs ! Dire « Dieu existe » est déjà délicat, car on dit cela d’un être vivant, comme d’un être humain qui vient à l’existence. Il est préférable de dire que Dieu est et devient. Dans le livre de l’Exode (ch 3 v 14), Dieu se présente à Moïse en disant « Je suis qui Je suis » ou « je serai qui je serai ». Plus tard, Moïse demande à voir la gloire de Dieu, (Exode ch. 33.v.18-20), il lui est répondu : « Je ferai passer devant toi toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom du SEIGNEUR ; je ferai grâce à qui je ferai grâce, et j'aurai compassion de qui j'aurai compassion.: Tu ne pourras pas voir ma face, car l'être humain ne peut me voir et vivre. ». En hébreu (la langue du Premier Testament ou Ancien Testament), le nom Saint de Dieu s’écrit avec quatre consonnes hébraïques ; en français, on écrit: YHWH. Or, les juifs, pour marquer leur respect, ne prononcent jamais le nom Saint de Dieu, et quand ils le voient dans le texte ils disent : Adonaï, c’est-à-dire Seigneur. Pour la Bible, Dieu est autre que sa création. On peut dire qu’il est comme en dehors du monde. C’est pourquoi il n’est pas analysable ou concevable par la pensée humaine. On ne peut pas raisonner sur son essence en l’assimilant à une cause première. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas en avoir une connaissance comme celle d’un objet. Dieu n’est pas une explication. Dieu est Dieu.

Ainsi pour la Bible, c’est lui qui a l’initiative de se révéler. Pour parler de lui, nous ne pouvons qu’utiliser nos mots au moyen d’un langage symbolique. Par exemple, lorsqu’Israël a le sentiment d’être abandonné par Dieu, le prophète Esaïe compare l’amour de Dieu à celui d’une mère : « le Seigneur répond : Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? cesse-t-elle d'aimer l'enfant qu'elle a porté ? A supposer qu'elle l'oublie, moi, je ne t'oublie pas : j'ai ton nom gravé sur les paumes de mes mains ». (Esaïe 49.15-16) Dans une lettre de l’apôtre Jean (1 Jean 4 v. 8), il est dit : Dieu est amour (et non l’amour est Dieu). Dans le livre de l’Apocalypse (ch1 v8) il est écrit : « Je suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient... » Nous ne pouvons pas expliquer Dieu mais entrer en relation avec lui par la foi, c’est-à-dire la confiance. Pour ceux qui se réfèrent à la Bible, Dieu se révèle aux hommes par les paroles des prophètes, par des événements ou signes (des récits de délivrance) qui font sens et disent quelque chose de Dieu.

Par exemple, en faisant sortir les Israélites de l’Egypte, Dieu se révèle comme Celui qui nous libère de l’esclavage et nous veut libres. Et pour les chrétiens, il se révèle en particulier dans la personne de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu. A Philippe qui demande à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » Jésus répond (Jean ch 14 v. 8-10) : « Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m'as pas reconnu ! Celui qui m'a vu a vu le Père. Pourquoi dis-tu : “Montre-nous le Père” ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » Pour la foi chrétienne, Dieu a pris corps, il a pris figure humaine. Dieu s’est révélé en la personne de Jésus. Il est venu nous parler et nous rencontrer à notre hauteur, dans la simplicité d’un humain qui a vécu pleinement l’amour, qui est allé jusqu’au bout de l’amour en acceptant de ne pas répondre à la violence par la violence.

 En donnant sa vie par amour, comme le dit l’Evangile, Jésus nous invite à faire confiance à Dieu comme un Dieu d’amour. Les témoins de cet amour nous ont transmis les paroles du Christ et ont médité sur sa vie et ses paroles, sur sa mort et sa résurrection de façon que nous puissions aujourd’hui encore l’accueillir dans notre vie, comme eux. Donc, Dieu n’est pas à trouver au bout d’un savoir, mais dans une relation de confiance ou de foi. C’est pourquoi, nous disons : Je crois en Dieu, je crois en Jésus-Christ. C’est ce que le grand savant et philosophe Blaise Pascal a exprimé après sa rencontre avec Dieu en ces mots : Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment, Joie, Paix. Dieu de Jésus-Christ,… (mémorial de Pascal)

Vous demandez aussi : Comment être sûr de sa foi ? La foi ne consiste pas à se mettre dans un état spécial ; c’est une réponse à la proposition d’amour de Dieu tel que manifesté en Jésus-Christ. La foi nous la demandons et nous la recevons comme un cadeau. C’est accepter d’être accepté comme je suis, d’être aimé sans condition. J’apprécie beaucoup la prière de ce père qui demandait à Jésus de guérir son fils : « Je crois, viens au secours de mon impossibilité à croire ». On le voit, la foi se reçoit, même avec des doutes. Une conviction vient alors nous habiter, « car l’Esprit que vous avez reçu n'est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c'est l'Esprit Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier à Dieu : « Abba, ô mon Père ! » L'Esprit de Dieu atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » dit l’apôtre Paul. (Romains 8,15-16). Et puis, nous avons la possibilité d’attester cette découverte en Eglise, lors du baptême ou de la confirmation de notre baptême. Car nous ne sommes pas isolés ; nous croyons avec d’autres.



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