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Prédestination et salut de mes proches?

Laurent 22.09.2011 Thème : Foi: que croire et comment ? Bookmark and Share
Réponse de : Michel CornuzMichel Cornuz

Bonjour,

Je comprends votre "gêne" par rapport à la prédestination, et tout particulièrement par rapport au rôle qu'elle a joué dans l'histoire des confessions réformées. Aujourd'hui, si vous fréquentez une Eglise réformée, vous constaterez que cette thématique n'a plus guère de pertinence. D'ailleurs, elle ne fait pas partie du "credo", mais des confessions de foi développées et très identitaires des XV° et XVV° siècles. Au départ, cette "conception" qu'on trouve déjà chez Paul et surtout St Augustin était la conséquence "dogmatique" et "rationnelle" du salut par la seule grâce de Dieu indépendamment de toute oeuvre humaine. C'était surtout cela qui était annoncé et prêché, cette affirmation qui "apaisait les consciences" et entraînait à mettre toute sa confiance, sa foi en ce Dieu qui accueille inconditionnellement. Dans les catégories philosophiques de l'époque, notamment autour des thèmes de la grâce et du libre-arbitre, on s'est mis à développer la logique de ces affirmations de foi en centrant sur la prédestination, et même la double prédestination dans le calvinisme! Je crois qu'ôn est ainsi arrivé à des impasses rationelles! et qu'on s'est surtout éloigné de l'évangile!

Pour les Réformateurs, cette idée de prédestination était "apaisante" par rapport à l'angoisse d'une théologie de la rétribution et des mérites. C'était une invitation à ne pas se soucier de son salut, pour vivre en chrétien dans le monde." Mon salut n'est pas mon affaire, c'est l'affaire de la seule grâce de Dieu, je ne peux que le recevoir en confiance," voilà un message vécu comme une libération. Cette conception de la "prédestination" est liée à la "certitude du salut" poour celui qui place sa confiance en Christ. Ce n'est qu'après, au temps du renforcement des identités confessionnelles, qu'on a pu douter du fait d'être prédestiné ou non, qu'il fallait "prouver" cette prédestination par une vie chrétienne impeccable et qu'on a transformé cette libération en angoisse pour son salut (ou en spéculation sur le salut d'autrui)!

Il me semble donc qu'il faut revenir au centre du message évangélique et vivre ainsi dépréoccupé de son propre salut, dans la confiance en ce Dieu de grâce, en se dépréoccupant aussi du salut de nos proches (car nous n'y pouvons rien!) mais en les plaçant dans la prière sous le regard de Dieu! Vivre ainsi dans la joie du salut offert gratuitement et vivre cette joie (sans angoisse) auprès de nos proches dans l'espérance que cette joie est communicative.


Commentaires

  • Laurent 22.09.2011
    Merci beaucoup pour ces précisions bien réconfortantes !