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Comment concevoir l'oecuménisme?

jcmp 03.05.2014 Thème : Eglises Bookmark and Share
Réponse de : Jean-Denis KraegeJean-Denis Kraege

Tout dépend comment l’œcuménisme est conçu. Il y a deux extrêmes qui me paraissent dangereux. L'un consiste à juxtaposer des confessions et dénominations différentes autour d'un événement (genre Pâques sur la plage, récolter de l'argent pour les démunis du Sud etc.). Ensuite chacun retourne dans son coin, fait sa petite politique pour attirer des clients et parfois les « piquer » à la communauté voisine. L'autre conception dangereuse de l'oecuménisme consiste à gommer toutes les différences et à créer une nouvelle communauté dans laquelle toutes les dénominations et confessions seraient fondues. Cette conception est dangereuse d'une part parce qu'on perd les richesses des particularités confessionnelles, de l'autre parce qu'il s'agit d'une pure illusion : si jamais on arrivait à une telle fusion de certaines Eglises et communautés, quelques années après on verrait fleurir à nouveau des communautés qui ne seraient pas d'accord avec l'« Eglise oecuménique ».

Reste que l'oecuménisme est un impératif néotestamentaire (ex. : « Père, garde-les (...) pour qu'ils soient un comme nous sommes un » dit le Jésus johannique 17.11) Alors comment concevoir l'oecuménisme s'il ne doit être ni juxtaposition, ni fusion ? La seule manière de le concevoir est dialogale. Il convient pour ce faire que les Eglises et communautés ne se croient pas supérieures l'une à l'autre. Il convient aussi qu'elles acceptent de parler de tout et qu'elles se donnent des règles de dialogue. Alors elles pourront petit-à-petit mieux se connaitre, se mettre en garde et s'édifier les unes, les autres, réaliser des choses en commun alors qu'elles seront conscientes que d'autres ne peuvent l'être ou ne peuvent encore l'être. On doit accepter d'être constamment dans la « dynamique du provisoire ». C'est peut-être décevant, mais c'est certainement mieux que ne rien faire ou pire: que de se faire la guerre.



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