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Être chrétien interdit-il d’avoir droit au bonheur et à l’amour?

Aloévéra 19.03.2016 Thème : Éthique: choix, responsabilité, liberté et morale Bookmark and Share
Réponse de : Matthias WirzMatthias Wirz

Je mesure votre douleur, qui est en effet immense, et ne voudrais pas donner l’impression de vous répondre de manière distante.

Je suis moi-même célibataire, dans une communauté, et j’ai choisi cette condition en raison du Christ et de l’Évangile. Mais cela ne peut être qu’un choix libre, jamais une obligation à laquelle on se trouve contraint. Vous faites donc bien à vous révolter contre ce que vous considérez à juste titre être un tort qu’on vous infligerait.

Pour commencer par votre toute dernière question, je veux vous assurer de cela : Dieu nous veux heureux ! Et que nous le sachions ou non, il est là pour nous écouter lorsque nous croyons être seuls à pleurer dans la nuit. « Dieu nous conduira aux sources d'eau vive et essuiera toute larme de nos yeux » : voilà la promesse, déjà actuelle, que répète à deux reprises le dernier livre de la Bible (Ap 7,17 et 21,4). C’est à nous qu’il revient de croire à cette consolation et à ce bonheur que Dieu promet !

Mais vous avez encore raison, ce bonheur passe notamment par l’amour partagé entre un homme et une femme, par l’accomplissement de la vie de couple, que Dieu lui-même bénit (voir Gn 1,27-28). Jamais d’ailleurs la Bible ne limite l’amour à la condition conjugale.

Le message biblique n’est pas un message castrateur, mais un appel à la vie. Ce n’est pas une législation rigoriste, mais un élan de vie. Et cette vie doit se déployer dans toutes ses dimensions. Elle n’a pas à se laisser enfermer dans des peurs que certains entretiennent. Renoncer au bonheur partagé et à un amour de couple possible, en plus de représenter une souffrance pour les personnes, constitue une contradiction au message central même que l’Église transmet. Ce n’est jamais ce à quoi l’Évangile appelle ceux et celles qui veulent le mettre ne pratique.

Aimer ne peut jamais être un péché. C’est bien au contraire le « grand commandement » (voir Mt 22,37-39). Souvenons-nous alors du conseil d’un chrétien du IVe siècle, Augustin, qui a lui aussi connu les affres de la vie amoureuse dans sa jeunesse : « Aime, et fais ce que tu veux ! »

Oui, la loi de l’amour est qu’elle libère ceux qui la vivent, elle ne les contraint jamais à se tourner vers les chemins de mort, mais elle les pousse toujours vers le bonheur avec les autres.



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