Dieu contradictoire selon Habaquq ?

bien comment relier ses divers éléments. Voici une tentative d'en reconstituer
un plan possible, ce qui nous permettra d'aborder votre question.
En 1,2-4, le prophète se plaint de l'état désastreux (spirituel et moral) dans
lequel se trouve le royaume de Judas à la toute fin du VIIe siècle avant JC.
Dieu répond en 1,5-11: l'invasion babylonienne (les Chaldéens) est ainsi réinterprétée.
Le prophète lance alors (1,12-17) un second appel à Dieu parce que l'oppression est
insupportable (elle est constituée de 5 malheurs (2,6-20)). Entre temps le prophète
s'est entendu répondre (2,2-6) qu'à l'orgueil de l'oppresseur s'oppose la fermeté
du juste qui reste accroché à son Dieu et à sa justice. Le livre se termine au
chapitre 3 avec la prière d'Habacuc décrivant la manifestation (à venir ?)
de Dieu et la joie du prophète.
L'explication du tournant que vous signalez est donc à chercher juste avant
le deuxième appel du prophète à Dieu. Et le verset qui semble expliquer ce tournant
est très difficile (1,11). La traduction de la TOB me semble particulièrement
éclairante: Alors l'esprit a changé. (Le conquérant chaldéen) a passé outre et s'est
rendu coupable; celui-là sa force est son DieuŸ. Les Chaldéens ont outrepassé
leur mandat. Ils se sont faits les adorateurs de leur puissance et cela a mené
à tous les débordements que le prophète va décrire plus loin. Habaquq demande
donc à Dieu de réintervenir pour empêcher ces débordements par trop extrêmes
(2,6-20). Quant à moi j'interprète la complainte d'Habacuc comme l'affirmation
de la certitude que Dieu remportera la victoire sur les adversaires par trop zêlés
( et non la description d'une victoire qui a déjà eu lieu). Reste un problème
théologique: Dieu qui est dénoncé par Habaquq comme un apprenti sorcier. Ou
encore: le risque qu'il y a à demander une intervention de Dieu, celle-là pouvant
être pire que le mal qu'on lui demande d'éradiquer...