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La Bible, pleine de contradictions ?

Béatrice 10.07.2016 Thème : Bible: ce que disent les textes Bookmark and Share
Réponse de : Didier HalterDidier Halter

Bonjour,

Hé oui, il arrive, qu’à la lecture de textes bibliques, on puisse avoir le sentiment de contradictions et c’est parfois le cas. La Bible est une bibliothèque. Et les livres qui la composent expriment des points de vues différents. Ils nous présentent une pluralité d’opinions. Toutes sont cependant mises au service d’une même perspective : rendre témoignage au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, au Dieu de Jésus-Christ.

Cette pluralité peut être déconcertante. Je me la représente comme une collection de portraits de la même personne, mais réalisés par des artistes différents (qu’ils soient peintres, sculpteurs, photographes ou écrivains). Chaque artiste, en fonction du lieu où il se trouve, des matériaux et des techniques qu’il utilise, des préoccupations qui sont les siennes ou celles de son époque, réalise un portrait qu’il veut fidèle. Tous ces artistes représentent la même personne, mais le résultat sera différent et parfois contradictoire. Un artiste haïtien qui sculpte une crèche composée de personnages aux traits négroïdes rend tout autant témoignage au Dieu de Jésus Christ qu’un moine peintre orthodoxe peignant une icône de la Nativité.

Ces contradictions témoignent que l’unité de l’humanité réconciliée en Jésus-Christ ne signifie pas l’uniformité ou l’abolition des différences. Cette pluralité de sens ne devrait pas vous inquiéter à priori. Elle peut aussi être une chance. Car elle nous permet de mieux saisir l’ampleur et la profondeur du salut de Dieu signifiée par la mort et la résurrection de Jésus.

Dans cette perspective, qu’est ce qui est en jeu dans Mathieu 25 ? Ce chapitre est composé de trois paraboles. Et il n’est pas anodin de remarquer cela. Les textes bibliques ne relèvent pas tous du même type de littérature: on y trouve des narrations, des poèmes, des textes de Loi, des lettres, des visions, des exhortations, des exposés didactiques et bien d’autres encore. Or chaque genre littéraire respecte un certain nombre de codes d’écriture qu’il ne faut pas confondre lorsqu’on les lit. Nous avons donc ici à faire à des paraboles : pas à une démonstration mathématique, pas à un discours normatif, ni une description « scientifique » du jugement. La parabole est une petite histoire qui entraine son lecteur à se mettre intérieurement en mouvement. La finalité d’une parabole est d’interroger, et donc de fortifier, notre confiance en Jésus Christ.

            Car c’est bien à partir de cette confiance qu’il convient de comprendre le salut selon la Bible. En résumé, elle affirme que je ne peux pas me sauver par mes propres moyens, ma seule possibilité est d’accueillir le salut offert par pure grâce. Sachant cela, il me reste le plus important peut être : comment vivre en attendant que je me retrouve devant le Seigneur ?

C’est là que les trois paraboles de Mathieu 25 entrent en scène. La première, couramment appelée la « parabole des vierges sages et des vierges folles », nous parle de la persévérance nécessaire dans l’attente. La deuxième, dite « parabole des talents », nous incite à une attente active. Etre convaincu du salut offert en Jésus Christ, ne doit pas nous conduire à rester passif. Notre attente de la réalisation du salut est une attente active. La troisième parabole, dite la « parabole du jugement dernier », ne place pas le jugement au centre de son enseignement. Elle nous décrit ce que devrait être notre action dans l’attente. Cette action n’a rien d’extraordinaire. Elle est simple attention concrète au quotidien pour les plus petits, les plus insignifiants.

Ce qui rend ces paraboles parfois difficiles à comprendre, c’est le contexte religieux qui les a vu naître il y a 2000 ans et qui n’est plus le nôtre. Ce contexte est dit « eschatologique ». C’est-à-dire rempli de représentations et d’inquiétudes sur la fin du monde qui était considérée comme imminente. Mais ce qu’il revient d’en retenir pour aujourd’hui, c’est que dans les trois paraboles, il y a au départ le salut offert en Jésus-Christ.

Celle ou celui qui attend dans l’attention au plus faible n’a rien à craindre du jugement.

Bonne continuation de vos réflexions bibliques en paroisse. J’espère que ces lignes pourront vous y aider.



Commentaires

  • Béatrice02.11.2016
    Merci beaucoup pour votre réponse.